Algodystrophie après opération

Pour toutes vos questions l’Association AIVF est là pour vous répondre du Lundi au Vendredi de 9h00 à 18h00


Permanence : posez votre question via la rubrique Contact. Réponse dans la journée

L’Association d’Aide aux Victimes de France (AIVF) vous propose son moteur de recherche exclusif afin d’aider les victimes de préjudices corporels. Ce moteur de recherche compile les différentes questions posées à l’Association et donne les réponses qui y ont été apportées. En règle générale, les réponses ont été faites bénévolement par des avocats du réseau AIVF.

Sécurité routière et aide aux victimes. Cliquez sur la photo

Profitez d’un rendez-vous offert gratuitement par un avocat signataire des chartes de l’AIVF

NB : ce service est également proposé, pour les victimes qui le souhaitent, en Visio Conférence

Cliquez sur la photo

❓ FAQ — Algodystrophie après opération

1. Qu’est-ce qu’une algodystrophie après une opération ?
L’algodystrophie ou syndrome douloureux régional complexe est une complication postopératoire. Elle se manifeste par des douleurs intenses, un œdème, une raideur articulaire et parfois une décoloration de la peau. Elle touche souvent la main, le pied, le genou ou l’épaule après une chirurgie.
2. Comment savoir si mon algodystrophie est liée à mon opération ?
Le lien entre l’opération et l’algodystrophie est établi par un médecin expert grâce au dossier médical. Si la complication survient dans les semaines suivant l’intervention, et qu’aucune autre cause n’est identifiée, la responsabilité médicale peut être engagée.
3. Puis-je être indemnisé(e) après une algodystrophie post-opératoire ?
Oui, une indemnisation est possible si l’algodystrophie est la conséquence d’une faute médicale (erreur de geste, absence d’information, négligence). Si aucun manquement n’est prouvé, une indemnisation peut parfois être obtenue au titre de l’aléa thérapeutique via l’ONIAM.
4. Quel avocat contacter en cas d’algodystrophie après une opération ?
Un avocat en droit médical ou en dommage corporel est le plus compétent pour défendre vos droits. Il évaluera la responsabilité du chirurgien ou de la clinique et les voies d’indemnisation possibles. Le réseau d’avocats AIVF est à la disposition des victimes pour les accompagner dans leurs démarches.
5. Quels sont les symptômes d’une algodystrophie post-opératoire ?
Les principaux symptômes sont : douleurs continues, gonflement, chaleur locale, raideur et diminution de la mobilité. L’évolution est souvent longue, de 6 à 24 mois, et peut laisser des séquelles définitives.
6. Comment prouver le lien entre algodystrophie et faute médicale ?
La preuve repose sur le dossier médical, les examens radiologiques et les comptes rendus opératoires. Une expertise médicale contradictoire peut être demandée, avec l’aide d’un avocat, pour démontrer que le dommage n’est pas une simple complication imprévisible.
7. Quel est le taux AIPP en cas d’algodystrophie ?
Le taux d’AIPP (atteinte à l’intégrité physique et psychique) varie selon la gravité : souvent entre 5 % et 25 %. Ce taux influe directement sur le montant de l’indemnisation et doit être évalué par un médecin expert.
8. Quels préjudices peuvent être indemnisés ?
Les postes indemnisables comprennent les souffrances endurées, le préjudice esthétique, le déficit fonctionnel permanent, la perte de revenus, le préjudice moral et les frais médicaux futursetc. Une évaluation complète est essentielle.
9. Combien de temps dure la procédure d’indemnisation ?
Une procédure amiable avec l’assureur ou l’ONIAM peut durer 12 à 24 mois. Elle dépend surtout de la consolidation. En cas d’action en justice, la durée peut atteindre 3 à 5 ans. L’assistance d’un avocat permet d’accélérer et de sécuriser la procédure.
10. Puis-je demander une provision avant la fin du dossier ?
Oui. Une provision peut être demandée à l’assurance ou à l’ONIAM dès lors que la responsabilité n’est pas contestée. Elle permet de couvrir les frais médicaux et les pertes de revenus en attendant l’indemnisation finale.
Article et FAQ rédigés par l’AIVF, association reconnue par la Sécurité routière.

Questions concernant l’algodystrophie après opération

Essentiel à retenir sur l'algodystrophie après opération

1.Algodystrophie et complication post-opératoire fréquente.
L’algodystrophie après opération est un syndrome douloureux régional complex. Il peut également susrvenir survenir après un traumatisme (accident de la route, accident de la vie). Elle provoque douleurs chroniques, raideurs et troubles vasomoteurs. Elle complique souvent la récupération fonctionnelle et peut durer plusieurs mois, voire années.

2.Accident médical, critères de reconnaissance.
Si l’algodystrophie après opération résulte directement d’un acte médical fautif (négligence, erreur chirurgicale, anesthésie, etc.) il est possible de solliciter une indemnisation et d'engager la responsabilité médicale de l'établissement ou du professionnel À l’inverse, en cas d'accident médical non fautif, une indemnisation est possbile via l'ONIAM selon certains critères dont un seuil de gravité de 24% d'AIPP au moins.

3.Procédure CRCI – CCI, voie amiable d’indemnisation.
Il convient de saisir la CCI CRCI, Commission de Conciliation et d’Indemnisation qui évalue si les conditions d’indemnisation sont remplies. Elle s'appuie sur une expertise médicale. La demande est gratuite et permet une solution sans procès.

4.Loi Kouchner (2002) et ONIAM : cadre légal.
La loi Kouchner a institué ce dispositif pour garantir l’indemnisation des victimes d'accidents médicaux. Si aucune faute n’est retenue, l’ONIAM (Office National d’Indemnisation des Accidents Médicaux) peut prendre en charge l’indemnisation, sous conditions.

5.Seuil de gravité : condition d’accès à l’indemnisation.
Pour qu’un accident médical soit examiné par la commission CCI, il doit atteindre un seuil de gravité : AIPP ≥ 24 %, arrêt de travail ≥ 6 mois consécutifs (ou 6 mois sur 12 mois), idem avec le DFT en classe 3, troubles graves des conditions de vie, ou invalidité.

Question 1 Quels recours pour indemnisation suite à l’algodystrophie après opération des ligaments croisés ?

Suite à une chute à mon domicile, j’ai subi une opération du ligament croisé antérieur. Après l’opération, un hématome important est apparu au mollet, empêchant toute rééducation. Pourtant, j’avais informé l’anesthésiste de mon hémophilie (facteur XI) à l’aide d’un rapport médical et de ma carte d’hémophile. Je n’ai bénéficié d’aucun traitement spécifique pendant ou après l’intervention.

Des mois plus tard, on m’a fait une arthrolyse. Cette fois, on prend en compte mon hémophilie, et je n’ai pas fait d’hématome. Mais je souffre toujours et ne peux pas plier ou tendre la jambe normalement.

Je suis en arrêt maladie depuis l’opération. Mon métier d’assistante maternelle est devenu impossible. Un médecin parle d’algodystrophie, un autre dit que mon genou a été « massacré ».

Puis-je engager une procédure pour erreur médicale ou pour obtenir une indemnisation de l’algodystrophie après opération des ligaments ?

Réponse d’un avocat.

Vous pouvez effectivement engager une procédure selon certaines conditions.

  1. Erreur médicale possible.
    Vous aviez clairement informé l’équipe soignante de votre hémophilie. L’absence de prise en charge spécifique a probablement conduit à l’hématome. Cela peut constituer une faute médicale.
  2. Conséquences graves.
    L’hématome a empêché votre rééducation. Cela a ainsi entraîné une arthrolyse, des douleurs persistantes et une incapacité à travailler. Ces éléments renforcent votre dossier.
  3. Algodystrophie : complication ou séquelle.
    L’algodystrophie après opération peut être en effet une conséquence de l’intervention ou d’une mauvaise prise en charge et complications post-opératoires. Elle ouvre alors droit à indemnisation.
  4. Démarche CCI recommandée.
    Déposez un dossier auprès de la CCI (Commission de Conciliation et d’Indemnisation). C’est gratuit, sans avocat obligatoire, et une expertise médicale sera réalisée. En cas de responsabilité médicale pour faute, c’est l’assureur du chirurgien qui vous indemnisera. Si non, mais que le dommage est anormal et grave, l’ONIAM peut intervenir au titre de la solidarité nationale.
  5. Conditions à remplir.
    Il faut que votre préjudice soit grave (arrêt de travail long, séquelles, handicap reconnu par la MDPH…). Votre situation semble les remplir.

Question 2 Algodystrophie après opération de la coiffe des rotateurs

Après une première opération de la coiffe des rotateurs, j’ai subi une seconde intervention pour nettoyer la bourse et débrider l’épaule à cause de douleurs persistantes et d’une algodystrophie main-épaule. Lors de cette seconde chirurgie, le praticien a découvert un fil oublié fixé à l’acromion. Il a estimé que ce fil pouvait être à l’origine de mes douleurs. Six mois après, je ressens encore des douleurs et une gêne importante. Est-ce que l’oubli de ce fil constitue une faute médicale ? Et comment obtenir une indemnisation pour l’algodystrophie apparue après l’opération ?

Réponse de l’avocat.

Effectivement, l’oubli d’un fil à l’intérieur du corps peut constituer une faute médicale. Il peut ainsi être question d’un manquement aux règles de l’art chirurgical. Cette erreur engage potentiellement la responsabilité du chirurgien ou de l’établissement de santé, selon les circonstances de l’intervention.

Ensuite, il faut faire établir la preuve de cette faute et du lien entre le fil oublié, les douleurs persistantes et l’algodystrophie. Une expertise médicale est donc indispensable. Vous pouvez la demander :

  • soit devant la Commission de Conciliation et d’Indemnisation (CCI), gratuite,
  • soit dans le cadre d’une procédure judiciaire si vous souhaitez une indemnisation complète.

Si la faute est reconnue, vous pourrez obtenir une indemnisation de vos préjudices. Ainsi, souffrances endurées, perte de gains professionnels, tierce personne, frais divers etc.

Enfin, même si la faute n’est pas retenue, l’algodystrophie peut parfois ouvrir droit à une indemnisation sans faute par l’ONIAM, lorsque les conséquences sont anormales et graves au regard de l’état initial et de l’évolution prévisible.

En résumé : faites rapidement évaluer votre dossier médical par un avocat en dommage corporel et un médecin de recours. Celui-ci vous indiquera en effet, avant toute procédure, si l’algodystrophie après opération relève d’un accident médical indemnisable.

Remarques de l'Association concernant l'algodystrophie après opération

En cas d'algodystrophie après opération, constituez un dossier médical solide avec tous les éléments médicaux (rapports, expertises, arrêts de travail). consulter ensuite un avocat en droit médical peut vous aider à maximiser vos chances de succès. Il vous orientera également vers un médecin expert de recours qui pourra vous donner un avis concernant l'origine de l'algodystrophie.

⚖️ Jurisprudence — Algodystrophie après opération chirurgicale

Preuve du dommage
CA Lyon, 14 déc. 2021, RG 18/06745
Cour d’appel de Lyon

L’algodystrophie doit être documentée précocement par des examens et par un suivi médical régulier. Les certificats médicaux initiaux post-opératoires permettent d’établir le lien entre l’intervention et la complication, lorsque les symptômes apparaissent dans un délai compatible.

Valeur probante
CA Paris, 12 sept. 2023, RG 20/04517
Juridictions du fond

Les juges soulignent que l’algodystrophie repose sur des constatations médicales objectives : scintigraphie triphasique, IRM, limitations articulaires, œdème, raideur. Ces éléments ont une valeur probante supérieure aux seules plaintes de douleurs.

Expertise médicale
Cass. civ. 2e, 16 mai 2019, n° 18-17.906
Cour de cassation, 2e chambre civile

L’expertise doit déterminer si l’algodystrophie constitue une complication imprévisible ou une erreur de prise en charge. Le juge n’est pas lié par l’avis de l’expert mais s’appuie largement sur celui-ci pour évaluer les séquelles et la date de consolidation.

Lien de causalité
CE, 4 avr. 2014, n° 359108
Conseil d’État

Même si l’algodystrophie est une complication connue, elle peut ouvrir droit à indemnisation lorsqu’elle est anormalement grave ou lorsqu’elle entraîne un préjudice supérieur aux risques normaux de l’opération.