Accident médical non fautif

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L’Association d’Aide aux Victimes de France (AIVF) vous propose son moteur de recherche exclusif afin d’aider les victimes de préjudices corporels. Ce moteur de recherche compile les différentes questions posées à l’Association et donne les réponses qui y ont été apportées. En règle générale, les réponses ont été faites bénévolement par des avocats du réseau AIVF.

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❓ Questions fréquentes – Accident médical non fautif

🔹 Qu’est-ce qu’un accident médical non fautif ?
C’est un dommage lié aux soins sans erreur médicale. On parle d’aléa thérapeutique, d’infection nosocomiale ou d’affection iatrogène. En pratique, le geste était conforme aux règles de l’art.
🔹 Quelle différence avec une faute médicale ?
En cas de faute, le praticien ou l’établissement a manqué aux règles de l’art. À l’inverse, l’accident non fautif survient malgré des soins conformes. L’indemnisation suit alors le dispositif ONIAM, sous conditions de gravité.
🔹 Dans quels cas l’ONIAM peut-il indemniser ?
L’ONIAM intervient si le dommage est anormal et grave : décès, taux d’AIPP supérieure à 24%, ITT longue, ou inaptitude professionnelle notable. Le lien avec les soins doit être établi par expertise médicale via la CCI, le plus souvent.
🔹 L’aléa thérapeutique donne-t-il droiti à indemnisation ?
Oui, s’il atteint le seuil de gravité requis et présente un caractère d’anormalité au regard de l’état de santé initial et de l’évolution prévisible. L’ONIAM propose alors une offre d’indemnisation en droit commun des préjudices corporels.
🔹 Et pour une infection nosocomiale sans faute ?
L’ONIAM intervient aussi en cas de maladie nosocomiale grave. Sous le seuil de 24% d’AIPP, c’est l’assureur de l’établissement qui doit réparer le dommage.
🔹 Comment démarre la procédure ?
Vous saisissez la CCI avec votre dossier médical. La CCI organise une expertise médicale qui peut être contradictoire. Ensuite, elle rend un avis : faute, accident non fautif, ou rejet. Selon l’avis, l’assureur ou l’ONIAM formule une offre d’indemnisation.
🔹 Quels documents fournir à la CCI ?
D’abord, le dossier médical complet. Ensuite, les justificatifs : arrêts de travail, pertes de revenus, factures, aides humaines, aménagements, et tout élément sur vos séquelles. Enfin, un récit chronologique précis des faits et des symptômes.
🔹 Qui choisit l’expert médical ?
La CCI désigne un expert. Toutefois, vous pouvez vous faire assister par un médecin-conseil de victimes. Cette assistance rééquilibre le débat technique et sécurise l’évaluation des préjudices.
🔹 Quels préjudices l’indemnisation couvre-t-elle ?
Elle couvre les préjudices patrimoniaux et extra-patrimoniaux : dépenses de santé, pertes de gains, aide humaine, aménagement du logement, souffrances endurées, préjudice esthétique, sexuel, d’agrément, et incidence professionnelle. En cas de décès, les proches peuvent aussi être indemnisés (moral et économique).
🔹 Quels sont les délais importants ?
Agissez vite. La saisine de la CCI respecte des délais de prescription, souvent calculés à partir de la consolidation ou de la révélation du dommage. En pratique, ne tardez pas : les preuves se perdent et les séquelles doivent être documentées tôt.
🔹 Puis-je refuser une offre trop basse ?
Oui. Vous pouvez contester les conclusions médicales ou le montant d’indemnisation. À défaut d’accord, vous pouvez saisir le juge pour une expertise judiciaire et une indemnisation complète.
🔹 Ai-je besoin d’un avocat ?
Ce n’est pas obligatoire, mais c’est utile. Un avocat en dommage corporel contrôle l’expertise, vérifie le chiffrage du préjudice, négocie l’offre. Par ailleurs, l’AIVF dispose d’un réseau d’avocats à la disposition des victimes pour vous accompagner en confiance des premières démarches jusqu’à l’indemnisation finale.
🔹 L’avocat intervient aussi devant la CCI ?
Oui. Il prépare le dossier, anticipe les arguments techniques et assiste à l’expertise. Ensuite, il rédige des observations et sécurise la suite : ONIAM, assureur ou contentieux. De plus, l’AIVF propose un réseau d’avocats partenaires familiers des CCI.
🔹 Une aide juridique coûte-t-elle cher ?
Il est possible de négocier les honoraires de l’avocat. Par transparence, l’AIVF oriente vers son réseau d’avocats qui pratiquent des conventions claires et adaptées à la situation des victimes.
🔹 Que faire dès maintenant pour ne rien oublier ?
D’abord, demandez votre dossier médical complet. Ensuite, consignez vos symptômes, vos soins et vos dépenses dans un tableau. Enfin, prenez conseil avant l’expertise. Pour sécuriser la stratégie, l’AIVF peut vous mettre en relation avec son réseau d’avocats dédiés aux victimes.

Questions concernant l’accident médical non fautif

Essentiel à retenir sur l'accident médical non fautif

Ce résumé a pour objectif de vous aider à comprendre simplement les enjeux abordés dans cette FAQ.
Pour aller plus loin et enrichir votre compréhension, vous pouvez consulter le site de l’Association à l’aide du lien ci-dessous.
Association d'Aide aux Victimes de France



1.Accident médical non fautif :
Un accident médical non fautif désigne un dommage subi par un patient lors d’un acte de soin, sans qu'il y ait de faute commise par le professionnel de santé. Il peut s'agir de complications imprévisibles ou de risques inhérents aux soins.

2.Définition et indemnisation du préjudice :
Le patient victime d’un accident médical non fautif peut être indemnisé pour le préjudice subi, à condition que ce préjudice soit grave (ex. : incapacité permanente AIPP à 25%, arrêt de travail, invalidité). L'indemnisation vise à compenser les conséquences financières et personnelles du dommage.

3.Loi Kouchner (2002) :
La loi Kouchner a instauré un système de solidarité nationale pour l’indemnisation des accidents médicaux non fautifs, tel l'aléa thérapeutique. Elle met en place des dispositifs permettant aux victimes d'obtenir réparation sans avoir à prouver la faute du professionnel de santé.

4.Saisir la CCI (Commission de Conciliation et d’Indemnisation) ou CRCI :
Le patient peut saisir la CCI-CRCI en cas d’accident médical grave no, fautif. Cette commission évalue la situation et rend un avis sur l'indemnisation du préjudice.

5.Rôle de l’ONIAM (Office National d'Indemnisation des Accidents Médicaux) :
L’ONIAM prend en charge l’indemnisation lorsque l’accident relève d’un aléa thérapeutique ou qu'aucun responsable n'est identifié. Cet organisme intervient également si le professionnel de santé n'est pas assuré ou refuse de payer.

Question 1

Après une opération d’une prothèse de hanche, j’ai une paralysie de ma jambe du genou jusqu’aux orteils. Le chirurgien a touché le nerf sciatique. Je marche avec un déambulateur et un releveur de pied. L’EMG indique une récupération partielle sur deux ans avec des séquelles. Je vis chez un aidant, car je ne peux pas me chausser seule et je dépends de lui pour mes déplacements. Cette perte d’autonomie est difficile à accepter.
Comment obtenir une indemnisation ? Est-ce un accident médical non fautif ou une erreur chirurgicale ?

Réponse d’un avocat.

Vous pouvez en effet engager une procédure d’indemnisation. En effet, la procédure en commission CCI vous permettra d’obtenir des réponses concernant l’origine de l’accident médical et peut-être une indemnisation de votre préjudice.

  1. Analyse de la faute médicale. Si le chirurgien a commis une erreur (mauvaise technique, négligence), il est alors possible d’engager sa responsabilité. Un expert médical pourra évaluer cela.
  2. Accident médical non fautif. Si la complication était imprévisible et inévitable, l’ONIAM (Office National d’Indemnisation des Accidents Médicaux) peut vous indemniser. Il s’agira alors d’un accident médical non fautif. A ce tire, il ouvre à la réparation du préjudice si le taux d’AIPP dépasse 24%.
  3. Procédure à suivre.
    • Consultez un avocat en droit médical.
    • Saisissez la Commission de Conciliation et d’Indemnisation (CCI). Remplissez le formulaire de demande d’indemnisation. Adressez ensuite l’ensemble de votre dossier médical à la CCI de votre région.
    • S’il y a consolidation de votre état de santé, faites établir un certificat médical de consolidation décrivant votre état et les conséquences.

Vous avez en effet droit à une réparation si un préjudice est reconnu comme anormal et grave. Agissez rapidement, les délais pour engager une procédure sont limités.

Remarques de l'Association concernant l'accident médical non fautif

L'accident médical non fautif ou aléa thérapeutique peut bénéficier d'une indemnisation par l'ONIAM après avis de la commission CCI. Nous conseillons vivement l'assistance par un avocat de victimes et un médecin expert de recours tout au long de la procédure. Et notamment pour les opérations d'expertise médicale.

Voir sur le site principal AIVF Accident médical non fautif

⚖️ Jurisprudence — Accident médical non fautif

Dommage anormal
CE, 12 déc. 2014, n° 355052 ; CE, 9 avr. 2020, n° 420299
Conseil d’État

L’indemnisation d’un accident médical non fautif suppose la preuve d’un dommage anormal présentant une gravité suffisante. La victime doit établir que les conséquences excèdent les risques normalement prévisibles de l’acte médical.

Expertise médicale
CA Lyon, 14 mars 2023, RG 21/03485 ; CA Rennes, 2 févr. 2022, RG 19/06174
Juridictions du fond

Les juridictions rappellent que le caractère « non fautif » nécessite une expertise précise sur les risques connus de l’acte et sur l’anormalité du dommage. L’expert doit déterminer si le dommage dépasse les complications attendues.

ONIAM
Cass. civ. 1re, 3 févr. 2021, n° 19-20.295 ; CE, 16 juin 2021, n° 427406
Cour de cassation / Conseil d’État

L’ONIAM indemnise l’accident médical non fautif si le dommage atteint un seuil de gravité (taux IPP ≥ 24 %, arrêt de travail prolongé, incapacité temporaire grave). Les juges vérifient strictement ces critères.

Pouvoir du juge
Cass. civ. 1re, 14 oct. 2020, n° 19-16.570
Cour de cassation

Le juge apprécie souverainement les rapports d’expertise et peut écarter une analyse trop imprécise ou contraire aux données acquises de la science. Il détermine seul si les critères légaux d’un accident médical non fautif sont remplis.

Traçabilité médicale
HAS, guide “aléa thérapeutique” ; CE, 26 avr. 2017, n° 391654
Haute Autorité de Santé / Conseil d’État

La traçabilité médicale (comptes rendus, consentement, examens) constitue une preuve essentielle. Les professionnels doivent décrire les actes, risques connus, complications et signes observés, sans reprendre les « dires » du patient comme des faits établis.