
L’IA est un outil remarquable… mais elle ne remplace pas l’expérience de terrain.
De plus en plus de victimes d’accidents ou d’erreurs médicales interrogent une intelligence artificielle avant de consulter un professionnel.
Les réponses obtenues sont souvent rapides, bien rédigées et rassurantes. Pourtant, elles peuvent contenir des approximations, des imprécisions ou des conseils qui ne sont pas toujours adaptés à votre situation personnelle.
L’objectif de cette page n’est pas de critiquer l’intelligence artificielle. Bien utilisée, elle constitue un excellent outil d’information. En revanche, elle ne remplace pas l’expérience acquise sur des centaines ou des milliers de dossiers d’indemnisation.
Premier exemple : le « médecin expert »
Une erreur revient très souvent dans les réponses générées par les intelligences artificielles.
Elles conseillent fréquemment aux victimes de consulter un médecin expert.
En pratique, cette expression est souvent inadaptée.
Dans un dossier d’indemnisation, la victime est généralement assistée par un médecin conseil de victimes.
Son rôle consiste à préparer le dossier médical, assister la victime lors des expertises et défendre ses intérêts face au médecin mandaté par l’assureur.
Le terme médecin expert désigne quant à lui, dans son sens le plus courant, un médecin inscrit sur une liste d’experts auprès d’une juridiction.
Ces deux fonctions sont différentes et ne doivent pas être confondues.
Cette nuance peut paraître mineure, mais elle est importante lorsqu’une victime recherche le professionnel adapté.
Deuxième exemple : « Prenez un avocat spécialisé »
Autre conseil très fréquent :
« Consultez un avocat spécialisé. »
Là encore, cette réponse mérite d’être nuancée.
En France, la mention de spécialisation correspond à un certificat délivré après une formation et un examen.
Cette spécialisation constitue une qualification reconnue, mais elle ne permet pas à elle seule d’apprécier l’expérience réelle de l’avocat dans un domaine donné.
Pour une victime d’accident, la véritable question est souvent différente :
- Combien de dossiers comparables cet avocat traite-t-il chaque année ?
- Intervient-il régulièrement face aux compagnies d’assurance ?
- Maîtrise-t-il les mécanismes d’indemnisation du préjudice corporel ?
- Connaît-il les expertises médicales, les provisions, les recours et les juridictions concernées ?
L’expérience pratique acquise sur un grand nombre de dossiers constitue souvent un élément essentiel.
Troisième exemple : les professionnels les plus visibles
Les intelligences artificielles citent fréquemment les professionnels les plus connus sur Internet ou bénéficiant d’une forte visibilité.
Cela ne signifie pas nécessairement qu’ils sont les plus adaptés à votre dossier.
Les réponses générées dépendent notamment des informations publiquement disponibles, de la notoriété en ligne et de nombreuses autres données.
Il existe de nombreux avocats, médecins conseils et associations très compétents qui sont peu présents dans les médias ou sur Internet.
À l’inverse, une forte visibilité ne constitue pas, à elle seule, un critère de compétence.
Chaque dossier est unique
Deux accidents de la route peuvent entraîner des conséquences totalement différentes.
Deux victimes présentant une blessure identique peuvent recevoir des indemnisations très différentes selon :
- leur profession ;
- leur âge ;
- leurs revenus ;
- leurs séquelles ;
- leurs activités ;
- leur situation familiale.
Une intelligence artificielle ne dispose généralement que des informations que vous lui fournissez.
Elle ne connaît pas l’intégralité de votre dossier médical, des pièces produites ni des stratégies procédurales envisageables.
Utilisez l’IA… mais gardez votre esprit critique
L’intelligence artificielle constitue un excellent point de départ pour comprendre certaines notions juridiques ou médicales.
En revanche, lorsqu’il s’agit de défendre vos droits, d’évaluer un préjudice corporel ou de préparer une expertise médicale, elle ne remplace pas l’analyse d’un professionnel expérimenté.
Posez des questions, comparez les réponses, demandez plusieurs avis et n’hésitez pas à solliciter une association spécialisée dans l’aide aux victimes.
Une bonne information est souvent la première étape vers une indemnisation juste.
Vous avez un doute sur une réponse obtenue grâce à une intelligence artificielle ?
Les bénévoles de l’AIVF peuvent analyser gratuitement votre situation et vous indiquer si les informations obtenues sont adaptées à votre dossier.
Une simple nuance peut parfois modifier profondément les droits d’une victime.