Accident médical grave

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L’Association d’Aide aux Victimes de France (AIVF) vous propose son moteur de recherche exclusif afin d’aider les victimes de préjudices corporels. Ce moteur de recherche compile les différentes questions posées à l’Association et donne les réponses qui y ont été apportées. En règle générale, les réponses ont été faites bénévolement par des avocats du réseau AIVF.

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❓ Questions fréquentes – Accident médical grave

🔹 Qu’entend-on par accident médical grave ?
Un accident médical grave survient lorsqu’un patient subit un dommage corporel majeur à la suite d’un acte de soins, d’une chirurgie ou d’un traitement. Il peut entraîner une invalidité, une incapacité durable, ou mettre en jeu le pronostic vital. Ces situations ouvrent droit à une procédure spécifique d’indemnisation.
🔹 Quelle est la différence entre faute médicale et accident médical non fautif ?
La faute médicale suppose une erreur du praticien (mauvais geste, retard de diagnostic, défaut de surveillance). L’accident médical non fautif ou aléa thérapeutique, survient sans faute du médecin, mais provoque néanmoins un dommage grave. Dans ce cas, l’indemnisation relève souvent de l’ONIAM après saisine de la CCI.
🔹 Comment saisir la CCI après un accident médical grave ?
Vous devez déposer un dossier auprès de la Commission de Conciliation et d’Indemnisation (CCI) avec vos pièces médicales. La CCI mandate des experts médicaux pour déterminer s’il existe une faute ou un aléa thérapeutique. Si l’aléa est confirmé et que le dommage est grave, l’ONIAM indemnise directement la victime ou ses proches.
🔹 Quels préjudices sont indemnisables ?
L’indemnisation couvre les préjudices patrimoniaux (perte de revenus, frais médicaux, aide humaine) et extrapatrimoniaux (souffrances endurées, préjudice esthétique, perte de qualité de vie). La détermination des préjudices suit la nomenclature Dintilhac.
🔹 Ai-je besoin d’un avocat pour défendre mon dossier ?
Ce n’est pas obligatoire, mais fortement conseillé. L’avocat en dommage corporel connaît la procédure d’indemnisation et peut ainsi contester une offre insuffisante. L’AIVF dispose d’un réseau d’avocats à la disposition des victimes, ce qui garantit un accompagnement efficace et une meilleure indemnisation.
🔹 Que faire si l’offre d’indemnisation de l’ONIAM est trop basse ?
Vous pouvez la refuser et engager un recours. Dans ce cas, l’assistance d’un avocat devient essentielle pour défendre vos droits et obtenir une évaluation juste de vos préjudices. L’AIVF peut vous orienter vers son réseau d’avocats qui accompagnent régulièrement des victimes dans ce type de démarches.

Questions concernant l’accident médical grave

Essentiel à retenir sur l'accident médical grave
Ce résumé a pour objectif de vous aider à comprendre simplement les enjeux abordés dans cette FAQ.
Pour aller plus loin et enrichir votre compréhension, vous pouvez consulter le site de l’Association à l’aide du lien ci-dessous.
Association d'Aide aux Victimes de France



1.Accident médical grave et indemnisation.
Un accident médical grave peut résulter d'un acte de soins, d'un aléa thérapeutique ou d'une faute médicale. Il est possible de solliciter une indemnisation auprès de la CCI CRCI (Commission de Conciliation et d’Indemnisation) ou directement en justice.

2.Conditions d’indemnisation par la CCI (CRCI) et ONIAM.
La Commission CCI évalue si le préjudice dépasse un seuil de gravité et s’il résulte d’un accident médical, d’une infection nosocomiale ou d’un aléa thérapeutique. En l'absence d'identification d'un responsable, l’ONIAM (Office National d’Indemnisation des Accidents Médicaux) prend en charge l’indemnisation.

3.Seuil de gravité.
Pour la recevabilité du dossier par la CCI, il faut justifier d'une AIPP ≥ 24 %, d’une ITT (Incapacité Temporaire Totale) ≥ 6 mois consécutifs ou 6 mois non consécutifs sur 12 mois, d'un DFT de 50%. Ou encore, de troubles graves dans les conditions d'existence.

4.Consolidation.
La consolidation suite à un accident médical grave est le moment où l’état de santé se stabilisent, même si des séquelles persistent. Elle est essentielle pour évaluer définitivement les préjudices et notamment fixer le taux d'AIPP ou DFP. En outre, elle est le préalable au calcul du montant de l’indemnisation.

5.AIPP et évaluation du préjudice.
L’AIPP (Atteinte à l’Intégrité Physique et Psychique) mesure les séquelles permanentes. Plus le taux est élevé, plus l’indemnisation est importante. Il fait partie des préjudices extra-patrimoniaux permanents selon la Nomenclature Dintilhac.

Question 1 Indemnisation d’un accident médical grave

Après une injection lors d’une hospitalisation, j’ai développé une infection sévère nécessitant plusieurs opérations. Malgré les traitements, j’ai perdu une partie de la mobilité de mon bras et je ressens des douleurs permanentes. Cet accident a un impact énorme sur ma vie quotidienne et mon travail. Quelle est la procédure pour se faire indemniser d’un accident médical grave ? »

Réponse d’un avocat.

Vous pouvez en effet engager une procédure auprès de la CCI CRCI. Elle évaluera si votre préjudice dépasse le seuil de gravité requis. Vous devez récupérer votre dossier médical, éventuellement, consulter un médecin conseil de recours.

Un accident médical grave donne droit à réparation du préjudice par l’ONIAM s’il dépasse le taux d’AIPP de 24%. Ceci est vrai qu’il s’agisse d’une infection nosocomiale, d’un aléa thérapeutique ou une affection iatrogène. En dessous de ce seuil et en cas d’infection nosocomiale, il faut directement solliciter l’indemnisation auprès de l’assurance de l’établissement de santé.

Déclarez votre accident à la CCI en remplissant un formulaire ONIAM et en joignant vos justificatifs. Après expertise médicale, la commission rendra un avis. En cas de refus, vous pourrez saisir un tribunal.

En cas de doute, il est préférable de faire appel à avocat en droit médical.

Remarques de l'Association concernant l'accident médical grave

L'indemnisation d'un accident médical grave dépend du type d'évènement et de l'AIPP. Par exemple, un aléa thérapeutique ne pourra donner lieu à indemnisation que si le DFP dépasse 24%. En revanche, une infection nosocomiale dont le DFP ou AIPP serait inférieur à ce pourcentage permet une résolution du litige directement avec l'assurance de l'hôpital.

Voir sur le site Commission CCI AIVF Accident médical grave

⚖️ Jurisprudence — Accident médical grave

Preuve du dommage
CE, 10 avr. 2024, n° 463214
Conseil d’État

En cas d’accident médical grave, la victime doit prouver un dommage initial certain et démontrer le lien avec l’acte de soins. Le dossier médical et l’expertise constituent les pièces clés pour établir la chronologie et la causalité.

Valeur probante
CA Lyon, 3 mars 2023, RG 20/04528 ; TA Rennes, 5 sept. 2024, n° 2103456
Juridictions du fond

Les juges rappellent que les documents médicaux ne valent que pour les constatations objectives. Ils ne prouvent ni la faute, ni la causalité sans analyse médicale contradictoire.

ITT & CIVI
Cass. civ. 2e, 5 mars 2020, n° 19-12.720
Cour de cassation, 2e chambre civile

L’ITT figurant dans le dossier médical du patient ne s’impose pas au juge. L’indemnisation dépend de l’analyse globale du dommage, de l’évolution clinique et des incapacités réellement subies.

Pouvoir du juge
CE, 15 févr. 2022, n° 450128
Conseil d’État

Le juge apprécie souverainement les éléments médicaux. Il peut retenir ou écarter un rapport d’expertise lorsqu’il estime que les conclusions sont incomplètes, imprécises ou contredites par d’autres pièces.

Règles de rédaction
HAS, recos “événements indésirables graves associés aux soins” ; CE, 6 juin 2018
Haute Autorité de Santé / Conseil d’État

Le dossier médical doit distinguer les éléments factuels objectivement constatés et les déclarations du patient. Cette précision conditionne la qualité de l’expertise et donc le droit à indemnisation.

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