Pour toutes vos questions l’Association AIVF est là pour vous répondre du Lundi au Vendredi de 9h00 à 18h00

Permanence : posez votre question via la rubrique Contact. Réponse dans la journée
L’Association d’Aide aux Victimes de France (AIVF) vous propose son moteur de recherche exclusif afin d’aider les victimes de préjudices corporels. Ce moteur de recherche compile les différentes questions posées à l’Association et donne les réponses qui y ont été apportées. En règle générale, les réponses ont été faites bénévolement par des avocats du réseau AIVF.
Questions concernant l’accident trajet loi Badinter
Essentiel à retenir sur l'accident trajet loi Badinter
1. Définition de l’accident de trajet.
L’accident de trajet loi Badinter implique la participation d'un véhicule terrestre à moteur. Il survient pendant le parcours normal entre le domicile et le lieu de travail, ou entre le lieu de travail et le lieu habituel de restauration. Pour être reconnu, le trajet doit être direct, sans détour injustifié, et se dérouler à des horaires cohérents avec l’activité professionnelle.
2. Indemnisation par la Sécurité sociale.
L’accident de trajet est assimilé à un accident du travail. La sécurité sociale prend en charge les soins à 100 %, verse des indemnités journalières pendant l’arrêt, et évalue les séquelles en cas d’atteinte à l’intégrité physique (AIPP). Une rente peut être versée si une incapacité permanente est reconnue. Cette indemnisation reste cependant forfaitaire, et ne couvre pas tous les postes de préjudice.
3. Application possible de la loi Badinter.
Si l’accident implique un véhicule terrestre à moteur, la loi Badinter du 5 juillet 1985 peut s’appliquer. Elle permet à la victime d’être indemnisée par l’assureur du conducteur responsable. Cette procédure ouvre droit à une réparation intégrale de tous les postes de préjudice, comme les douleurs, les pertes de gains professionnels, l’aide humaine, le préjudice moral ou encore professionnel.
4. Cumul des régimes possible.
La victime d'un accident trajet loi Badinter bénéficie des avantages du régime de l'accident de travail et de celui bien plus avantageux de la loi Badinter. C'est-à-dire que l'organisme sociale prend en charge la totalité des pertes de revenus durant l'arrêt de travail. Cependant, la CPAM peut exercer un recours subrogatoire pour récupérer une partie des montants qu’elle aura versés, notamment les dépenses de santé.
5. Recours et accompagnement utile.
En pratique, la victime doit faire reconnaître l’accident de trajet par la CPAM. Elle peut également engager une action contre le responsable de l’accident, s’il y a lieu. Pour défendre ses droits et évaluer justement son préjudice, il est souvent recommandé de se faire assister par un avocat, notamment en cas de procédure contre un assureur ou en présence de séquelles importantes.
Question 1 Indemnisation d’un accident de trajet loi Badinter suite à un piéton renversé par une voiture
J’ai été renversé par une voiture alors que je me rendais à mon travail. L’accident a été reconnu comme un accident de trajet-travail. J’ai été arrêté pendant plusieurs années, à cause d’une cheville longtemps mal diagnostiquée. On parlait d’entorse, mais il s’agissait en réalité d’une luxation importante. Aujourd’hui, ma cheville reste bloquée, avec des douleurs permanentes. Mon chirurgien envisage une arthrolyse pour améliorer la situation. Mon travail de peintre en intérim est compromis. Lors de l’expertise, le médecin expert d’assurances a émis des doutes sur la durée de mon arrêt, bien qu’il ait été prolongé dans l’espoir d’une amélioration par kinésithérapie et infiltrations. Je souhaite savoir quels sont mes droits en matière d’indemnisation d’un accident trajet loi Badinter.
Réponse d’un avocat.
Dans votre situation, deux régimes juridiques se combinent : le droit l’accident de travail et la loi Badinter.
D’une part, l’accident de trajet est bien reconnu comme un accident du travail. Vous bénéficiez donc d’une indemnisation forfaitaire par la CPAM, incluant la prise en charge des soins, les indemnités journalières, puis l’attribution éventuelle d’une rente en cas de séquelles.
D’autre part, la loi Badinter du 5 juillet 1985 s’applique également. Elle concerne les victimes d’un accident impliquant un véhicule terrestre à moteur. Le conducteur responsable sortait de son garage : il y a donc implication d’un véhicule. Cela ouvre droit à une indemnisation intégrale du préjudice par l’assureur de ce conducteur, indépendamment du régime social.
L’assureur doit vous indemniser de tous vos préjudices : souffrances endurées, gêne de la vie courante, tierce personne, conséquences professionnelles, DFP, préjudice esthétique, etc. L’existence d’une consolidation avec séquelles, même si l’expert doute de la durée de l’arrêt, ne fait pas obstacle à cette indemnisation.
Toutefois, le débat médical sur la durée de l’arrêt peut affecter certains postes de préjudice, notamment les pertes de revenus. Il faudra défendre votre dossier avec des arguments médicaux solides, en s’appuyant notamment sur les soins prescrits, l’évolution de la pathologie, et l’avis du chirurgien.
Je vous conseille de faire réévaluer votre situation par un médecin-conseil indépendant. En effet, l’expertise de consolidation est un moment clé de l’indemnisation du préjudice. Il convient donc de bien s’y préparer notamment en faisant appel appel à un avocat habitué aux recours contre les assureurs. Il pourra vous aider à faire reconnaître la totalité de vos droits et à chiffrer vos préjudices selon la nomenclature Dintilhac. L’assurance proposera une offre d’indemnisation certainement en deçà du préjudice réel.
Question 2 Accident de trajet et loi Badinter et indemnisation du préjudice
Alors qu’elle se rendait sur son lieu de travail avec sa voiture, une camionnette a percuté ma fille. Le conducteur s’était assoupi au volant. Elle s’en est miraculeusement sortie vu l’état de sa voiture qui est détruite. Blessée au genou gauche (plaie ouverte), nez cassé et côte cassée. Arrêt de travail de deux semaines, puis reprise du travail en mi-temps thérapeutique. Nous avons des doutes concernant la juste indemnisation de son préjudice par l’assurance. Dans cette incertitude, pouvez-vous nous conseiller concernant l’indemnisation d’un accident de trajet en loi Badinter ?
Réponse d’un avocat.
En effet, l’accident de votre fille relève de la loi Badinter, son véhicule se fait percuter par un véhicule terrestre à moteur. La loi protège les victimes en imposant à l’assureur adverse de présenter une offre d’indemnisation après consolidation et expertise médicale. Le fait que le conducteur se soit assoupi établit sa faute sans doute possible. Il s’agit en outre, d’un accident de trajet au sens du droit du travail. Ce qui ouvre des droits sociaux spécifiques (indemnités journalières majorées, rente en cas de séquelles). Il est donc essentiel de conserver l’ensemble des certificats médicaux. Arrêts de travail, comptes rendus médicaux, ainsi que les justificatifs liés au mi-temps thérapeutique.
Sur le volet indemnitaire, l’enjeu est d’obtenir une évaluation complète de tous les postes de préjudices. Ensuite, si vous avez un doute sur la pertinence de l’offre de l’assureur, vous pouvez faire intervenir un avocat en dommage corporel. Celui-ci orientera vers un médecin conseil de victimes pour les expertises. Cela permet de contester ou de compléter l’évaluation. Notamment lorsque les séquelles (douleurs, limitation articulaire, gêne fonctionnelle) peuvent évoluer dans le temps. En pratique, il faut attendre la consolidation pour accepter une offre de l’assureur. Et surtout, ne pas signer de transaction sans avis d’avocat afin de sécuriser l’indemnisation.
Remarques de l'Association concernant l'accident trajet loi Badinter
L'accident de trajet loi Badinter ouvre droit à une indemnisation en droit commun. Cela signifie que l'ensemble des postes de préjudices fera l'objet d'une réparation intégrale. Il s'agit là d'un régime d'indemnisation bien plus favorable que le seul régime de l'accident de travail. Nous recommandons toutefois en cas de séquelles, l'assistance d'un avocat en accident de la route pour un accompagnement optimal tout au long de la procédure.

