Chiffrer le préjudice moral

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L’Association d’Aide aux Victimes de France (AIVF) vous propose son moteur de recherche exclusif afin d’aider les victimes de préjudices corporels. Ce moteur de recherche compile les différentes questions posées à l’Association et donne les réponses qui y ont été apportées. En règle générale, les réponses ont été faites bénévolement par des avocats du réseau AIVF.

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❓ FAQ — Chiffrer le préjudice moral

1. Qu’appelle-t-on préjudice moral ?
Le préjudice moral désigne la souffrance psychologique subie après l’accident corporel d’un proche défunt. Il évoque le préjudice des ayants droit. Il peut aussi s’agir d’un choc émotionnel, d’une perte d’estime de soi ou d’un trouble anxieux durable. Ce préjudice est indemnisable au même titre que les dommages physiques.
2. Comment évaluer le préjudice moral d’une victime ?
L’évaluation repose sur des éléments médicaux (rapport psychologique, certificats) et sur le vécu de la victime. Le juge ou l’assureur tient compte de la gravité des faits, de la durée des souffrances et de leurs conséquences sur la vie quotidienne. Un avocat dommage corporel aide à présenter ces éléments clairement.
3. Le préjudice moral est-il indemnisé séparément des autres préjudices ?
Oui. Le préjudice moral est distinct du préjudice économique. Notamment lors de l’indemnisation des ayants droit suite à un décès accidentel. Il fait partie de la nomenclature Dintilhac et peut être indemnisé séparément pour refléter la souffrance psychique vécue par la victime.
4. Quels critères sont utilisés pour chiffrer le préjudice moral ?
Le montant dépend de plusieurs critères : gravité de l’accident, intensité de la douleur morale, âge de la victime et impact sur la vie personnelle. Le juge se base sur les expertises médicales et les précédentes décisions judiciaires pour fixer la somme.
5. Qui peut demander l’indemnisation d’un préjudice moral ?
Toute victime directe d’un accident ou d’une erreur médicale peut demander une indemnisation pour son préjudice moral ou stress post-traumatique. Les proches (conjoint, enfants, parents) peuvent également être indemnisés pour leur préjudice d’affection en cas de décès ou de blessure grave.
6. L’expertise médicale est-elle nécessaire pour chiffrer le préjudice moral ?
Oui. Lorsqu’il s’agit de la victime directe d’un accident. Elle permet de mesurer la souffrance morale et d’en établir la réalité. Le rapport de l’expert sert de base à la négociation ou à la décision judiciaire. Un avocat compétent peut contester ou compléter cette expertise si besoin.
7. Quels montants sont généralement accordés pour un préjudice moral ?
Les montants varient selon les circonstances : quelques centaines d’euros pour un préjudice léger, jusqu’à plusieurs milliers d’euros pour une souffrance importante ou un deuil. Chaque dossier est unique et nécessite une évaluation individualisée.
8. L’AIVF peut-elle aider à chiffrer le préjudice moral ?
Oui. L’AIVF dispose d’un réseau d’avocats à la disposition des victimes pour les aider à chiffrer et défendre leur préjudice moral. Ces avocats analysent le dossier, comparent les décisions rendues et accompagnent la victime tout au long de la procédure.
9. Comment prouver la réalité du préjudice moral ?
Il faut présenter des éléments concrets : certificats médicaux, attestations de proches, suivi psychologique, ou changement de comportement observé. Ces preuves aident à démontrer l’impact moral de l’accident ou du traumatisme.
10. Le préjudice moral peut-il être réévalué avec le temps ?
Oui. la réouverture d’un dossier en aggravation est toujours possible. La victime directe d’un accident peut demander une réévaluation de l’ensemble de son préjudice. Une nouvelle expertise peut justifier une indemnisation complémentaire. Un avocat dommage corporel peut effectuer cette démarche pour la victime.
Article et FAQ rédigés par l’AIVF, association reconnue par la Sécurité routière.

Questions concernant comment chiffrer le préjudice moral

Essentiel à retenir sur chiffrer le préjudice moral

1.Définition du préjudice moral
Chiffre le préjudice moral est nécessaire pour obtenir la réparation du dommage suite à un accident corporel. Le préjudice moral désigne la souffrance psychologique ou émotionnelle subie par la victime ou ses proches après un accident. Il peut découler directement de la douleur, d’une incapacité, d’un choc post-traumatique ou d’un décès.

2.Référence à la Nomenclature Dintilhac
La Nomenclature Dintilhac est un outil juridique utilisé pour classer les différents types de préjudices indemnisables. Elle distingue plusieurs formes de préjudices moraux, notamment ceux liés à la victime directe et ceux subis par les proches.

3.Souffrances endurées (prétium doloris)
Le poste de souffrances endurées indemnise la douleur physique et morale vécue par la victime entre l’accident et la consolidation. L’évaluation se fait sur une échelle de 1 à 7. Plus la souffrance est intense, plus le montant d'indemnisation correspondant est élevé.

4.Préjudice d’affection et d'accompagnement
Le préjudice d'affection concerne les proches ayants droit (parents, enfants, conjoint) de la victime décédée. Il indemnise leur douleur morale suite à la perte du proche. Le montant d'indemnisation suite à un décès varie selon la proximité du lien et les circonstances. Le préjudice d'accompagnement vise les proches qui ont soutenu la victime pendant sa maladie ou sa rééducation, avant son décès éventuel. Il indemnise l’impact émotionnel et les bouleversements de vie.

5.Chiffrage du préjudice corporel
Chiffrer le préjudice moral est un excercice relativement subjectif. Il existe des barèmes tel le Référentiel Mornet qui propose des fuorchettes pour le préjudice d'affection suite à un décès, ou pour les souffrances endurées. Cependant, l'évaluation de ce poste de préjudice bénéficiera de la compétence d'un avocat en dommage corporel.

Question 1 Comment chiffrer le préjudice moral suite accident de la circulation ?

Victime d’un accident de la circulation, je suis en effet reconnue à 100 % non responsable. Trois fractures à la main gauche m’handicapent fortement au quotidien. Je ne peux plus porter plus de 300 g avec cette main (certificat médical initial). Je suis reconnue travailleuse handicapée. J’ai perdu mon emploi (CDD pouvant aboutir à un CDI). Mon avocat a par ailleurs proposé une indemnisation de 126 000 €. L’assureur a rejeté ce montant et offert 25 000 €, sans justification sérieuse. Cette somme me paraît très insuffisante. Comment chiffrer le préjudice moral ?

Réponse d’un avocat.

Votre situation justifie une indemnisation complète, tant sur le plan physique que moral. Voici les points essentiels :

  1. Préjudice moral (souffrances psychologiques)
    Il convient de chiffrer le préjudice moral en fonction de l’impact émotionnel de l’accident : stress, perte d’estime de soi, troubles anxieux, fatigue liée au handicap. Vous concernant, ce préjudice est inclus dans le postes des souffrances endurées ou pretium doloris. On l’estime sur une échelle de 1 à 7. en revanche, si vous souffrez d’un stress post-traumatique, l’expert doit en tenir compte et missionner un sapiteur psychiatre pour l’évaluation de ce poste.
  2. Déficit fonctionnel permanent (DFP)
    Il prend en compte les limitations durables (porter, bouger, travailler, s’occuper de l’enfant). Le DFP est un poste permanent post-consolidation. Il englobe le préjudice moral qui en tant que préjudice temporaire avant consolidation était partie composante du pretium doloris.
  3. Préjudice d’établissement et professionnel
    La perte de chance d’obtenir un CDI et les conséquences sur votre avenir professionnel est en outre constitutif d’une incidence professionnelle. Celle-coi doit également faire l’objet d’une évaluation autonome.
  4. Négociation ou procédure judiciaire
    enfin, sans connaitre les postes de préjudice en détail, il est difficile d’estimer si l’offre de 25 000 € est suffisante ou non. Cela dit, compte tenu de la somme que sollicite votre avocat la différence est majeure Il convient ici de négocier l’offre d’indemnisation définitive avec l’assurance. ET c’est à votre avocat de le faire.

Remarques de l'Association concernant chiffrer le préjudice moral

Chiffrer le préjudice moral ne se limite pas à effectuer un calcul arbitraire. Il s'appuie sur des éléments concrets et médicaux. Il convient d'être prudent par rapport au calcul de l'assurance. En effet, le préjudice moral est un poste souvent minimisé par l'assurance. Ainsi, il faut verifier scrupuleusement l'offre d'indemnisation de l'assurance concernant le préjudice moral avant de régulariser la quittance définitive.

⚖️ Chiffrer le préjudice moral

Préjudice extrapatrimonial
Nomenclature Dintilhac
Référence en matière d’indemnisation

Le préjudice moral comprend la souffrance psychologique, l’anxiété, le choc, l’atteinte à la qualité de vie et les troubles émotionnels consécutifs à l’événement dommageable.

Éléments d’appréciation
CA Lyon, 3 févr. 2022, RG 20/05691
Juridiction du fond

Les juges évaluent le préjudice moral selon la gravité du traumatisme, la durée des souffrances, l’impact sur la vie sociale et familiale et la nécessité d’un suivi psychologique.

Autonomie du juge
Cass. civ. 2e, 6 avr. 2023, n° 21-23.914
Cour de cassation

Le juge fixe le montant du préjudice moral de manière souveraine. Il peut retenir une évaluation supérieure à celle proposée par l’assureur, même en l’absence d’expertise psychologique.